Un dimanche pas comme les autres

Publié le 3 janvier 2026 à 12:43

Un dimanche pas comme les autres

Quand je suis arrivée devant les portes de l’établissement, un léger stress m’a envahie. C’est toujours ainsi face à un univers inconnu : l’excitation se mêle à l’inquiétude. J’ai marqué une courte hésitation, puis j’ai franchi la porte.
Aussitôt, une bonne odeur de tarte tout juste sortie du four m’a enveloppée. Ce parfum chaleureux a eu sur moi un effet immédiat. La tension est retombée d’un cran. La pièce était agréable, conviviale, avec de petites tables et des banquettes où l’on pouvait s’asseoir tranquillement pour changer ses chaussures de danse. La décoration annonçait clairement la période : Noël approchait, et cela se voyait. Guirlandes, couleurs chaleureuses, ambiance feutrée… tout invitait à la détente.
Les personnes présentes étaient souriantes, accueillantes. On se sentait bien, tout simplement. Peu à peu, je me suis détendue. En m’approchant du bar, un petit monsieur m’a proposé un café. J’ai accepté avec plaisir, sans imaginer qu’il s’agissait du professeur de tango argentin du jour. La surprise viendrait plus tard.

J’ai bu mon café assez rapidement, poussée par la curiosité. J’avais envie de découvrir la salle dédiée au tango argentin pendant que Titi, lui, prenait son temps et savourait tranquillement le sien. Je me suis avancée et j’ai franchi la porte de la salle. Presque aussitôt, un danseur m’a proposé de danser. Panique légère. Je n’avais vu personne danser jusque-là et, l’espace d’un instant, une pensée s’est imposée : peut-être n’es-tu pas au niveau pour danser ici. Avec un courage un peu maladroit, j’ai refusé l’invitation. J’ai bien senti la surprise ; ce refus ne devait pas être très habituel.

Pendant ce temps, Titi ne se pressait toujours pas, dégustant son café avec sérénité. Deux secondes plus tard, une nouvelle invitation est arrivée, cette fois d’un autre danseur. Et là, je me suis jetée à l’eau. Je me suis dit qu’il était plus ridicule de rester immobile au bord de la piste que d’essayer. Finalement, tout s’est passé à merveille. J’ai exprimé mes craintes, et mon partenaire a immédiatement adapté la danse, me proposant des choses simples, sans prise de tête. J’étais ravie.
Peu après, le petit monsieur du bar est arrivé dans la salle, accompagné de son assistante. Le cours de tango argentin a commencé. Il s’agissait d’un cours évolutif. Il nous a proposé une figure : la cunita. D’abord abordée de manière très simple, puis déclinée différemment, avec une arrivée plus complexe incluant une americana. À plusieurs reprises, il a pris le temps de repréciser les points délicats lorsqu’il sentait une difficulté, toujours avec le sourire et une grande bienveillance.
Lorsque le cours s’est terminé, il est resté dans la salle jusqu’au soir, dansant avec les personnes qui le souhaitaient. J’ai beaucoup aimé son tango, empreint de douceur, alternant déplacements en ligne et mouvements tournés selon l’espace disponible. À le regarder, tout paraissait simple, fluide, sans aucune tension. Juste du plaisir.
J’ai ensuite pratiqué le tango en respectant la règle en vigueur dans ce lieu : trois tangos consécutifs avec la même personne, puis une musique très différente pendant une trentaine de secondes (le cabeceo), permettant de changer de partenaire. Plus tard, je suis allée voir la grande salle où se déroulait, pendant ce temps, un cours de quick step. Le cours dure une heure, après quoi les deux espaces deviennent des pistes de danse. La grande salle est consacrée à la danse de salon dans son ensemble, tandis que la petite reste dédiée au tango argentin. Quelques fois dans l’année, la grande salle sert au tango argentin le temps d’une milonga.

Le temps a filé sans que je m’en rende compte. Il était déjà cinq heures lorsque les tartes maison ont été déposées sur la grande table. Mais il n’y avait pas que cela : des crèmes aux œufs faites maison, des donuts au chocolat, des mandarines… Le tout accompagné de thé, de café et de jus de fruits. Un vrai moment de convivialité.
J’ai terminé l’après-midi en alternant entre le tango et la danse de salon. L’établissement ouvre ses portes à 15 h et les ferme à 20 h, offrant ainsi la possibilité de danser pendant cinq heures non-stop dans deux très belles salles. Et le prix, me direz-vous ? L’entrée est à 12 euros seulement. La seule contrainte est de réserver sa place, les gâteaux maison étant préparés en fonction du nombre de participants. En cas de désistement, il est simplement demandé de prévenir au moins 48 heures à l’avance, ce qui est tout à fait normal. Petite précision pratique : il faut apporter un gobelet en plastique avec son nom pour les boissons.
Reste la question du lieu : c’est à Palaiseau, soit environ cinquante minutes de route à partir de Chartres. Pour des raisons économiques, nous essaieront d’organiser du covoiturage. Les modalités restent à définir et dépendront du nombre d’adhérents intéressés. Un tarif de 7 euros pour l’aller-retour depuis Chartres semble raisonnable.
En conclusion, pour 19 euros, on s’offre un après-midi particulièrement agréable, dans une ambiance conviviale, entouré de danseurs tout aussi sympathiques. Il est vrai que cette date, proche des fêtes de fin d’année, bénéficiait sans doute d’une atmosphère particulière. Je suis également consciente que, certains week-ends, l’affluence peut être plus importante et que ce type de rendez-vous n’est pas organisé chaque dimanche.
Soyez toutefois rassurés : nous tiendrons compte de l’ensemble de ces éléments et reviendrons vers vous afin de vous proposer, le moment venu, une sortie vers ce lieu entièrement dédié à la danse, dans les meilleures conditions possibles.
Et surtout, ce qui fait le charme de cet endroit, c’est son esprit : chacun y vient comme il est, en robe à paillettes ou en jean. L’essentiel n’est pas la tenue ni le niveau, mais bien le plaisir de danser, de partager et de passer ensemble un moment chaleureux et authentique.